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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 09:30
le fondateur des ballets russes. Regardez le film superbe!!!

Serge Diaghilev, fondateur des Ballets russes et impresario de ballet de renommée, s’éprit de l’un de ses danseurs, et pas des moindres, Vaslav Nijinski, qui lui-même avait une liaison avec un riche aristocrate. Lorsque les deux tourtereaux se marièrent, Diaghilev démit de ses fonctions son danseur fétiche. Nijinski reviendra des années plus tard aux Ballets russes mais leur vieille amitié est définitivement brisée. Il sombre alors peu à peu dans la folie jusqu’à ne plus reconnaître son vieil amant.

A l’Homme

Je ne peux pas te nommer, car on ne peut pas te nommer. Je ne t’écris pas à la hâte, car je ne veux pas que tu croies que je suis nerveux. Je ne suis pas un homme nerveux. Je sais écrire calmement. J’aime écrire. Je n’aime pas écrire de belles phrases. Je n’ai pas appris à écrire de belles phrases. Je veux écrire la pensée. J’ai besoin de la pensée. Je n’ai pas peur de toi. Je sais que tu me détestes. Je t’aime comme on aime un être humain. Je ne veux pas travailler avec toi. Je veux te dire une chose. Je travaille beaucoup. Je ne suis pas mort. Je vis. Dieu vit en moi. Je vis en Dieu. Dieu vit en moi.

Je travaille beaucoup la danse. Ma danse progresse. J’écris bien, mais je ne sais pas écrire de belles phrases. Tu aimes les belles phrases. Je n’aime pas les belles phrases. Tu formes des troupes. Je ne forme pas de troupes. Je ne suis pas un cadavre. Je suis un homme vivant. Tu es un homme mort, car tes buts sont morts.

Je ne t’ai pas appelé ami, car je sais que tu es mon ennemi.

Je ne suis pas ton ennemi. L’ennemi n’est pas Dieu. Dieu n’est pas un ennemi. Les ennemis recherchent la mort, je recherche la vie. J’ai de l’amour. Tu as de la méchanceté. Je ne suis pas une bête féroce. Tu es une bête féroce. Les bêtes féroces n’aiment pas les gens. J’aime les gens.

Dostoïevski aimait les gens. Je ne suis pas un idiot. Je suis un homme. L’Idiot de Dostoïevski est un homme. Je suis un idiot. Dostoïevski est un idiot. Tu croyais que j’étais bête. Je croyais que tu étais bête. Nous croyions que nous étions bêtes. Je ne veux pas conjuguer. Je n’aime pas les conjugaisons. Tu aimes qu’on s’incline devant toi. J’aime qu’on s’incline devant moi. Tu injuries ceux qui s’inclinent. J’aime ceux qui s’inclinent. J’attire les inclinations. Tu fais peur aux inclinations. […]

Je ne veux pas de ton sourire, car il sent la mort. Je ne suis pas la mort, et je ne souris pas. Je n’écris pas pour me moquer. J’écris pour pleurer. Je suis un homme avec du sentiment et de la raison. Tu es un homme avec de l’intelligence, mais sans sentiment. Ton sentiment est mauvais. Mon sentiment est bon.

Tu veux me perdre. Je veux te sauver. Je t’aime. Tu ne m’aimes pas. Je te veux du bien. Tu me veux du mal. Je connais tes astuces. Je faisais semblant d’être nerveux. Je faisais semblant d’être bête. Je n’étais pas un gamin. J’étais Dieu. Je suis Dieu en toi. Tu es une bête, et je suis l’amour. Tu n’aimes pas ceux-là maintenant. J’aime ceux-là et tous maintenant. Ne pense pas, n’écoute pas. Je ne suis pas à toi. Tu n’es pas à moi. Je t’aime maintenant. Je t’aime toujours. Je suis à toi. Je suis à moi. Tu es à moi. J’aime te conjuguer.

Je suis à toi. Je suis à moi.

[…]J'ai retiré les phrases très sexuelles(Camille)

Tu es en moi, et je suis en toi.

Tu es à moi, et je suis à toi.

Tu es celui qui veut la mort

Tu es celui qui aime la mort

J’aime l’amour l’amour.

Je suis amour, et tu es mort

Tu as peur de la mort, de la mort

Tu es mort, et je suis sang.

Ton sang nest pas amour.

Je t’aime, toi, toi.

Je ne suis pas sang, je suis esprit

Je suis sang et esprit en toi.

Je suis amour, je suis amour.

Tu ne veux pas vivre avec moi.

Je te veux du bien.

Tu es à moi, tu es à moi.

Je suis à toi, je suis à toi.

J’aime écrire avec une plume,

J’écris, j’écris.

Toi, tu n’écris pas tu dépêches

Tu es une dépêche je suis une lettre.

Tu es machine je suis amour

Je suis machine je suis amour. […]

Je veux t’écrire beaucoup, mais je ne veux pas travailler avec toi, car tes buts sont autres. Je sais que tu sais faire semblant. Je n’aime pas les faux-semblants. J’aime les faux-semblants, quand l’homme veut du bien. Tu es un homme méchant. Tu n’es pas un tsar. Et moi je suis un tsar. Tu n’es pas mon tsar, et moi je suis ton tsar. Tu me veux du mal. Je ne te veux pas de mal. Tu es méchant, et moi je te berce. Dodo, dodo, dodo, dodo. Dors paisiblement, dodo, dodo. Dodo. Dodo. Dodo

Vaslav Nijinski

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 09:50
MA MAISON DANS LE PAS DE CALAIS

c'était la maison de mon enfance

ou se retrouvait chaque été

notre famille éparpillée

dans tous les coins de France.

les parents regardaient les enfants

courir dans notre jardin d'antan

grimper à nos arbres grandis

durant toutes des décennies.

et cueillir les même bouquets

qu'à leur âge nous avions fait

ou s'écorcher les genoux

en tombant sur les cailloux.

c'était notre maison d'avant

qui revivait pour nos enfants

et elle nous réunissait

tous les ans, chaque été.

en 2003 elle a totalement brûlée

a cause d'un fil électrique dénudé

un voisin a été retrouvé mort

il cherchait ma mère pour qu'elle en sorte.

Maintenant elle est reconstruite

mais pas du tout à l'identique

à 94 ans mère vie toujours dedans

mais reconstruite autrement.

où est ma maison d’antan

celle là n'a plus d'âme!

j'y suis retournée en 2010

j 'ai pleuré voyant le changement.

Published by Camille
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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 12:46
Lettre de Bonaparte à Joséphine :

« Une de tes pensées empoisonne ma vie, déchire mon âme. »

Napoléon qui n’est encore que Bonaparte, écrit à Joséphine, qui n’est encore Madame de Beauharnais, le lendemain d’une dispute. Cette lettre a été écrite entre le début de leur liaison passionnée, en décembre 1795, et leur mariage, le 9 mars 1796. Elle est caractéristique de la façon qu’avait Napoléon de choisir les qualificatifs dans ses premières lettres à Joséphine (« incomparable », « mio dolce amor ») et de faire des fautes d’orthographe (trois baisé) !

Dimanche matin - 1795/1796

Je vous ai quittée emportant avec moi un sentiment pénible je me suis couché bien fâché il me semblait que l’estime qui est due à mon caractère devait éloigner de votre pensée la dernière qui vous a agité hier au soir. Si elle prédominait dans votre esprit vous seriez bien injuste madame et moi bien malheureux !

Vous avez donc pensé que je ne vous aimais pas pour vous !!! Pour qui donc ! ah ! madame j’aurais donc bien changé ? Un sentiment si bas a t’il pu être conçu dans une âme si pure ? J’en suis encore étonné moins encore cependant que du sentiment qui à mon réveil ma ramené sans rancune et sans volonté à vos pieds. Certes il est impossible d’être plus faible et plus dégradé. Quel est donc ton étrange pouvoir incomparable Josephine ? Une de tes pensées empoisonne ma vie, déchire mon âme par les résolutions les plus opposées.

Mais un sentiment plus fort, une humeur moins sensible me rattache, me ramène et me conduit encore comme coupable. Je le sens bien, si nous avons des disputes ensemble, tu devrais récuser mon cœur, ma conscience ; tu les as séduits, ils sont encore pour toi.

Toi cependant mio dolce amor tu as bien reposé ? as-tu seulement pensé 2 fois à moi!!! je te donne trois baisé, un sur ton cœur, un sur ta bouche, un sur tes yeux.

NB.

Published by Camille
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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 16:00

* * *

Ils auront tout violé, tout blessé, tout tué.

Notre fête nationale et le recueillement d’une église, un prêtre et des enfants, le foyer de deux policiers et une salle de concert, un supermarché casher et une salle de rédaction, une promenade un jour de liesse.

Ils ne respectent rien. Leur haine est aveugle, leur imagination criminelle sans limite. Ils ont des visages ordinaires. Ils habitent dans nos villes, dans nos villages et dans nos quartiers. Ils peuvent être nos voisins. Ils parlent notre langue. Ils ont fréquenté les écoles de la République. Leurs points communs sont le passage par la prison, la fréquentation des sites internet, la volonté de rejoindre les lieux de combat, le désir de mort. Ils tuent avec des armes blanches, des explosifs sommaires, des armes de guerre qui se trouvent sur les marchés parallèles, un camion.

Ils sont le terrorisme.

Ils sont la menace nouvelle à laquelle nous devons faire face pour des années.

Notre Nation les a laissés grandir dans son sein sans réagir, ou trop peu, ou trop tard. Le mal est profond. Le mal est ancien. Trois décennies de relativisme culturel et de faiblesse éducative ont préparé les années de douleur que nous vivons. Passée la première indignation, quelles conséquences avons-nous tiré des sifflets contre la Marseillaise au Stade de France en 2002 ? Quelle politique pour retrouver notre fierté nationale ? Nous avons toléré sur notre territoire des comportements intolérables. Nous avons eu la culture honteuse, nous avons mis notre art de vivre dans notre poche, alors que nous aurions dû en être fiers. Nous avons laissé proférer en public des paroles de haine et de violence qui ne devraient jamais franchir aucune bouche en France.

Les mots finissent par faire couler le sang.

Nous avons donc connu les premiers actes de violence. Nous avons pris pour des dérives isolées la radicalisation de centaines de jeunes en France. Nous nous sommes rassurés à bon compte et nous avons baissé la garde, en effectifs de police, en places de prison comme en outils de renseignement. Nous avons pris pour un événement exceptionnel les signes avant-coureurs du drame que nous vivons désormais. Un loup solitaire, le meurtrier de Toulouse et de Montauban en 2012 ? Non : la première dent de la meute, qui maintenant sort du bois.

Nous avons beaucoup pleuré. Nous avons déposé des bougies et entendu des témoignages déchirants. Nous avons cité les paroles de paix du père Jacques Hamel en réponse aux discours de haine des terroristes.

Cela suffit.

Demain, ou un autre jour, nous pourrons pleurer à nouveau et être surpris par un acte encore plus effarant, encore plus ignoble, encore plus révoltant. Nous le savons tous. Personne en revanche ne peut accepter que nous en restions au statu quo dans la lutte contre le terrorisme. Nous ne voulons plus pleurer en vain. Nous voulons nous battre.

Il faudra des années.

Car la vague terroriste à laquelle nous sommes confrontés est une lame de fond, qui vient de notre propre société. Les explosifs sont fabriqués sur notre sol, les armes de guerre circulent dans nos quartiers, la radicalisation se développe dans nos prisons, les discours meurtriers se tiennent à nos portes. Hier, il fallait fouiller une à une les grottes dans un Afghanistan lointain, désormais les perquisitions se font à domicile.

Nous devons afficher une cohésion nationale sans faille. Cohésion ne veut pas dire silence. Cohésion ne veut pas dire refus ou mépris des propositions de ses adversaires politiques. Nous devons débattre sereinement entre nous des meilleures réponses à apporter à la menace. Les postures ne servent personne quand la Nation est en danger.

Allons puiser dans ce que nous sommes la force de combattre le terrorisme. Allons chercher dans notre goût de la liberté, dans notre esprit de résistance les armes pour faire face. Face à la barbarie, dressons notre courage et notre raison. Ne répondons pas à la haine par la haine. Ne semons pas les germes de la discorde qui affaibliront encore davantage notre peuple. La vengeance personnelle et expéditive est une tentation : elle ne fera que démultiplier la violence et servir par conséquent les objectifs des terroristes.

Ils veulent la division ? Nous ferons face ensemble.

Ils cherchent la guerre civile ? Nous leur opposerons notre mobilisation nationale.

Ils pensent nous défaire ? Nous vaincrons, avec une nouvelle doctrine et des orientations nouvelles.

* * *

Pour lire la suite de la tribune, cliquez ici ! si vous le voulez je vous l'enverrais

Camille

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 09:38
LE PETIT COQ

le petit coq nain aux plumes d'or

réveillait par ses cocoricos sonores

tous les gens du voisinage

exaspérés par son ramage !

Lui se prenant pour le coq de Rostand

lançait les quatre note de son chant

dés la première lueur rose dans le ciel

pour faire lever le soleil

sans se douter un seul instant

qu'au village, les habitants

rêvaient de le voir transformé

en coq au vin mariné !

Dans un vieux vin

de Chambertin

parfumé d'une branche de thym

et d'un brin de romarin

mais de l'avis des gens il s'en moquait

le petit coq aux plumes dorées

et il continuait de chanter

de chanter à plein gosier

dans la nuit qui s'effaçait

pour aider le soleil à se lever

il chantait à gosier déployé

pour le début de la journée

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 11:41
UN SOURIRE DE TOI

 

 

un sourire c'est très contagieux

tu l'attrapes comme un rhume

ça commence par les yeux

et ça prend vite du volume

 

quand tu m'as souri aujourd'hui

tout de suite j'ai réalisé

que je souriais aussi

 

un simple sourire comme le tien

peut faire le tour du monde

alors on y ajoute le mien

et beaucoup d'autres à la ronde

 

on cultivera cette épidémie

comme une baguette magique

ce qui pour être une maladie

deviendra un bonheur fantastique

 

alors demain en toute occasion

présentons tous des visages illuminés

même en ces matins d'hiver sourions

le sourire est une joie partagée

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 11:34
LA SOURCE ENCHANTEE

voici le murmure doux et profond d'une source

lorsque l'eau s'aventure sur les galets

à travers l'immensité d'une forêt

elle folâtre, n'arrête pas sa course

et continue sa course pour finir en fontaine

logée sous une voûte en plein village

elle termine son voyage !

Là elle s'écoule et se déverse sans peine

dans les mains des buveurs qui se traînent

et se réjouissent de ses vertus saines

c'est la fierté de notre région

et cette eau qui n'avait pas de nom

baptisera les fronts, aura une autre appellation

et fera le bonheur de plusieurs générations

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 12:07
 A MES SOEURS DE DOULEURS

La douleur est en chacun de nous,

Comme je voudrais tant être avec vous,

Mes mots pourraient peut être vous apaiser,

Mes gestes ne pourraient vous dire,

Que je ne supportes plus de vous voir souffrir !

Je me dis : pourquoi tant la souffrance,

Et si différente ! Jamais cela s’arrêtera ?

Pendant toute mon existence,

Je devrais regarder souffrir en silence !

Qu’elle ne puisse plus jamais être

C’est un rêve je sais, mais quel rêve !

A vous voir souffrir, mon cœur saigne

La garce c’est qu’elle fait très mal !

J’aimerai la retirer du vocabulaire

La rayer !qu’elle n’ai jamais existé,

Je sais que cela n’est pas possible,

Mais pour vous mes amies

Je rêve d’une vie paisible ou règne joie et bonheur

Et c’est avec toute la force de mon cœur

Que je vous dit courage, un jour,

Ensemble nous la vaincrons

Je vous aimes mes sœurs de douleurs

 A MES SOEURS DE DOULEURS
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 11:39
Cette nuit

 

 

Cette nuit j’ai encore rêvé de toi
Toi que j’imagine mais je ne connais même pas
Sans pouvoir te voir réellement
Dans mes pensées je t’imagine souvent

Parfois mon imagination me joue des tours
Mais je résiste au nom de l’amour
Je sais qu’un jour je te verrai en vrai
Et que je n’aurai pas besoin de t’imaginer

En ce moment je me contente de te dessiner
Avec le pinceau si beau de mes pensées.

tu seras alors plus qu'une amie, mon double

alors plus de pinceau, plus de pensées

pour la vie nous seront liées.

Published by Camille - dans poésie amitié
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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 12:21
Lettres d'amour de Victor Hugo

Le 22 mai 1885, Victor Hugo, le monstre sacré des lettres françaises s’éteignait. Son œuvre et ses combats éclipsent la place des nombreuses femmes, des conquêtes amoureuses de sa vie. À 17 ans, il donnait le ton général de l’assaut : sa future femme, Adèle Foucher, recevait cette lettre brûlante. Une décennie plus tard, Hugo jugera sa jeune prose épistolaire dans le poème « Ô mes lettres d’amour ».

En janvier 1820

Quelques mots de toi, mon Adèle chérie, ont encore changé l’état de mon âme. Oui, tu peux tout sur moi, et, demain je serais mort que j’ignore si le doux son de ta voix, si la tendre pression de tes lèvres adorées ne suffiraient pas pour rappeler la vie dans mon corps. Combien ce soir je vais me coucher différent d’hier ! Hier, Adèle, toute ma confiance dans l’avenir m’avait abandonné, je ne croyais plus à ton amour, hier l’heure de ma mort aurait été la bienvenue.

– Cependant, me disais-je encore, s’il est vrai qu’elle ne m’aime pas, si rien dans mon âme n’a pu me mériter ce bien de son amour sans lequel il n’y a plus de charme dans ma vie, est-ce une raison pour mourir ? Est-ce que c’est pour mon bonheur personnel que j’existe ? Oh non ! tout mon être lui est dévoué, même malgré elle. Et de quel droit aurais-je osé prétendre à son amour ? Suis-je donc plus qu’un ange ou qu’un dieu ? Je l’ aime, il est vrai, moi, je suis prêt à tout lui sacrifier avec joie, tout, jusqu’à l’espérance d’ être aimé d’elle, il n’ y a pas de dévouement dont je ne sois capable pour elle, pour un de ses sourires, pour un de ses regards ; mais est-ce que je pourrais être autrement ? Est-ce qu’elle n’ est pas l’unique but de ma vie ? Qu’elle me montre de l’indifférence, de la haine même, ce sera mon malheur, voilà tout. Qu’importe, si cela ne nuit pas à sa félicité ! Oh ! oui, si elle ne peut m’aimer, je n’ en dois accuser que moi. Mon devoir est de m’ attacher à ses pas, d’ environner son existence de la mienne, de lui servir de rempart contre les périls, de lui offrir ma tête pour marchepied, de me placer sans cesse entre elle et toutes les douleurs, sans réclamer de salaire, sans attendre de récompense. Trop heureux si elle daigne quelquefois jeter un regard de pitié sur son esclave et se souvenir de moi au moment du danger ! Hélas ! qu’elle me laisse jeter ma vie au-devant de tous ses désirs, de tous ses caprices, qu’elle me permette de baiser avec respect la trace adorée de ses pieds, qu’elle consente à appuyer parfois sa marche sur moi dans les difficultés de l’existence, et j’aurai obtenu le seul bonheur auquel j’aie la présomption d’ aspirer. Parce que je suis prêt à tout lui immoler, est-ce qu’elle me doit quelque reconnaissance ? Est-ce sa faute si je l’aime ? Faut-il qu’elle se croie pour cela contrainte de m’aimer ? Non, elle pourrait se jouer de mon dévouement, payer de haine mes services, repousser mon idolâtrie avec mépris, sans que j’eusse un moment le droit de me plaindre de cet ange, sans que je dusse cesser un instant de lui prodiguer tout ce qu’elle dédaignerait. Et quand chacune de mes journées aurait été marquée par un sacrifice pour elle, le jour de ma mort je n’aurais encore rien acquitté de la dette infinie de mon être envers le sien. –

Hier, à cette heure, mon Adèle bien-aimée, c’étaient là les pensées et les résolutions de mon âme. Elles sont encore les mêmes aujourd’hui, seulement il s’y mêle la certitude du bonheur, de ce bonheur si grand que je n’ y pense jamais qu’en tremblant de n’oser y croire.

Il est donc vrai que tu m’aimes, Adèle ! Dis-moi, est-ce que je peux me fier à cette ravissante idée ? Est-ce que tu crois que je ne finirai pas par devenir fou de joie si jamais je puis couler toute ma vie à tes pieds, sûr de te rendre aussi heureuse que je serai heureux, sûr d’être aussi adoré de toi, que tu es adorée de moi ? Oh ! ta lettre m’a rendu le repos, tes paroles de ce soir m’ont rempli de bonheur. Sois mille fois remerciée, Adèle, mon ange bien-aimé. Je voudrais pouvoir me prosterner devant toi comme devant une divinité. Que tu me rends heureux ! Adieu, adieu. Je vais passer une bien douce nuit à rêver de toi.

Dors bien et laisse ton mari te prendre les douze baisers que tu lui as promis et tous ceux que tu ne lui as pas promis.

 

 

Published by Camille
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