Voici l'expérience qu'a faite mon amie mc après avoir gagné un concours
Tant que j'y pense, je t'envoie aussi le petit récit que j'ai rédigé suite à mon expérience dans le
noir.
Ca peut t'intéresser ..
Bisous
Deux heures dans le noir absolu où comment les choses évidentes ne le sont plus du tout.
Tout commence par un coup de fil (ou presque).
Au téléphone, Maud annonce : « Tu as gagné le premier prix du questionnaire de la Mission Handicap : un week-end à Paris avec dîner au
restaurant « Dans le Noir ». »
Après m’avoir demandé de choisir mes dates, Maud organise tout, réservation des billets
de train, de l’hôtel et du restaurant. Le jour du départ, tout est prêt. J’ai tous mes papiers en main, mon mari et moi pouvons partir en
week-end.
A Paris, nous faisons les touristes (éclairés) ce qui nous fait faire des kilomètres dans les rues et dans le métro. Quand nous arrivons
le soir au restaurant, nos pieds crient grâce. Nous allons enfin pouvoir nous
asseoir.
L'entrée du restaurant est un petit hall éclairé d'une lumière tamisée où quelqu'un nous demande de nous débarasser de nos manteaux, sacs,
téléphones portables, et autres objets fluorescents et phosphorescents. Dans la salle de restaurant, aucune lueur ne doit attirer notre oeil. A déconseiller aux acros du
portable.
On nous demande de choisir notre formule de repas et de signaler ce que nous ne voulons pas trouver dans notre assiette puis nous
attendons notre hôtesse/serveuse non ou mal-voyante qui s'occupera de nous durant tout le repas. Elle s'appelle Faziah. Nous devons retenir son prénom car, dans le noir, si nous avons besoin de
quelque chose, nous devrons pouvoir l'appeler. Quand elle se présente, elle nous fait mettre à la queue-leu-leu avec deux autres couples, en tenant les épaules de la personne de devant et nous
entrons dans la salle à sa suite. C'est le noir absolu ! Impressionnant. Il ne faut surtout pas lâcher la personne qui se trouve devant, je comprends pourquoi. Du coup, impossible de dire si la
décoration de la salle est jolie ou pas .... :-)
Faziah nous présente nos chaises, un à un. Nous sommes
apparemment à une table de 10 personnes. Nous essayons de prendre nos marques, de trouver nos couverts, notre verre et notre serviette. Quand Faziah nous amène la carafe d'eau, le pain, ou les
verres de vin, elle nous indique où ils sont posés. Pour se servir de l'eau, elle nous donne le mode d'emploi : mettre un doigt dans le verre pour savoir à quel moment arrêter de verser ! Toutes
les choses que nous faisons sans y penser et qui nous semblent ultra simples quand nous voyons demandent des efforts et d'autres "techniques" dans le noir. Ainsi, quand le premier plat est
arrivé, nous nous sommes rendus compte que la fourchette ne ramenait pas forcément quelque chose quand on la portait à la bouche. Pour trouver le verre, on touche l'assiette, on en suit le bord
et on arrive au verre. Comment savoir que l'assiette est vide ? On y met les doigts. Heureusement que nous sommes tous dans le noir. Les serviettes accrochées dans le col de chemise, les doigts
dans l'assiette, les aliments qui tombent, ... tout ça ne se voit pas. Nous, nous sommes arrivés à manger proprement.
Le menu n'ayant pas été annoncé, le jeu est de deviner ce qu'il y a dans l'assiette. L'exercice était un peu compliqué car nous avons eu
droit à un menu asiatique (période de Nouvel An chinois), avec des ingrédients pas forcément habituels et de la sauce soja un peu trop présente dans le plat principal. Nous nous sommes quand même
pas trop mal débrouillés pour reconnaître ce que nous mangions mais la glace au "cassis", sans sauce soja pour perturber le goût, n'en était pas. C'était en fait de la glace aux fruits exotiques.
Et le morceau de tarte tatin était du beignet à la banane ! Le menu nous a été présenté à la sortie pour vérification.
Dans la salle, tous les bruits s'entendent fort. On nous conseille de parler doucement. Pour les non-voyants, l'ouïe, c'est la vie. Pour
entendre les convives appeler, pour se signaler les uns aux autres quand ils passent avec des gens ou des plats, … Nous entendons des conversations. Nos voisins de gauche font des expériences de
télépathie (trop drôle !), ceux de droite essayent seulement de deviner ce qu'il y a dans leur assiette. A la table à coté, un verre de vin (blanc !) est renversé, une groupe de sept filles
gloussent tout le temps. Nous ne savons pas s'il faut garder les yeux ouverts ou fermés. C'est pareil de toutes façons mais nous les gardons ouverts. Nous avons ainsi moins l'impression de nous
endormir.
Petit bonus, une dame passe et propose de masser quelques instants les épaules des convives. Pas
désagréable.
A la fin du repas, retour hors de la salle comme à l'aller, à la queue-leu-leu derrière
Faziah. Juste avant le dernier rideau, elle nous conseille de baisser la tête et d'ouvrir doucement les yeux. Même avec la lumière tamisée, le fait d'avoir passé deux heures dans le noir complet
rend la luminosité un peu agressive.
Nous revoilà donc dans notre monde normal, dans lequel il est si facile de bouger quand
on y voit bien.
Si vous en avez l'occasion, tentez l'expérience vous aussi
…
Un grand merci à Faziah pour sa gentillesse et sa patience avec ses
convives
Et merci à mon amie pour cette narration peu ordinaire car c'est du vécu!!
Camille
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