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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 15:13
 Les baobabs se meurent…

Naguère, on se ressourçait à nos pieds

Aujourd’hui on arrache nos feuilles

Demain nous ne serons plus…

Il n’y a pas si longtemps

J’étais le grand baobab du village,

Un repère dans le paysage de la brousse…

Nombreux venaient s’asseoir à mes pieds

À l’ombre de mes branches feuillues,

Ils prenaient le temps de s’arrêter

De parler et d’échanger…

Je les écoutais, attentif à leur quotidien

Parfois je leur soufflais quelques bribes

De la mémoire du temps…

Ils repartaient, plus sereins, reposés

Plus légers plus heureux

Remplis de la douceur d’avoir rétabli le contact

Avec la terre et sa création…

Naguère, on se ressourçait à nos pieds

Aujourd’hui on arrache nos feuilles

Demain nous ne serons plus…

Maintenant, on ne s’adosse plus à mon tronc,

Dès la sortie de mes premières feuilles

On me grimpe dessus afin de mieux les arracher

Même s’il faut pour cela couper mes jeunes rameaux…

À ces nombreuses déchirures

S’ajoute celle de n’être plus écouté, entendu et compris…

Sans feuilles je ne peux plus m’abreuver

De la puissante énergie de notre frère Soleil

Je ne fais plus d’ombre,

La terre et mon écorce surchauffent

Mes amis les oiseaux ne me visitent plus.

Je ne porte plus de fleurs ni de graines

Le processus de reproduction est interrompu,

Le futur de mon espèce est bien incertain…

Ces feuilles que je laissais aller généreusement

Au fil des saisons, sont devenues monnaie d’échange…

Aucune ne m’est laissée, elles sont trop prisées

Par les commerçants et les gens des villes

Qui se régalent des saveurs que j’ajoute à leurs plats…

Naguère, on se ressourçait à nos pieds

Aujourd’hui on arrache nos feuilles

Demain nous ne serons plus…

Étranges humains qui, par cupidité ou ignorance

Épuisent la ressource qui les nourrit

Sans respecter sa croissance et ses rythmes,

Étranges humains qui, même dans la brousse sahélienne

Ont rompu leurs liens profonds avec la terre et les plantes...

Étranges humains qui ne prennent plus le temps

De s’arrêter, d’écouter et sentir, de se ressourcer…

Mon esprit est devenu plus léger

Mon corps desséché le retient de moins en moins,

J’ai pu ainsi visiter le sahel et mes frères baobabs…

Je ne suis pas le seul à périr lentement,

De plus anciens que moi et même des jeunes

Sont dans la souffrance, sans feuilles et sans fruits,

Ils ont eux aussi perdu de grosses branches…

Naguère, on se ressourçait à nos pieds

Aujourd’hui on arrache nos feuilles

Demain nous ne serons plus…

Triste destin des baobabs,

Asphyxie de géants africains,

Signe d’un temps, fin d’un cycle,

Maladie de la brousse, de la planète et des ses habitants,

Des racines se sont coupées, l’irréversible semble s’installer…

J’étais le grand baobab du village,

Un repère dans le paysage du sahel,

Je ne suis plus qu’un amoncellement informe de bois,

Mes fibres vont retourner à la terre

Qui m’a si généreusement supporté

Durant ma longue existence…

Je suis triste, car ce ne sont pas les années

Mais les humains qui ont eu raison de moi…

Ceux que j’ai longtemps aimés, écoutés et protégés

M’ont arraché à la vie, feuille par feuille…

Naguère, on se ressourçait à nos pieds

Aujourd’hui on arrache encore nos feuilles

Demain est arrivé car je ne suis plus,

Demain est arrivé car beaucoup avec moi ne sont plus…

J’étais le grand baobab du village,

Un repère dans le paysage du sahel

Un lieu de ressourcement et de paix

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Published by Camille
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commentaires

LADY MARIANNE 14/11/2015 19:49

ils détruisent pour faire de l'argent-
dommage tout fout le camp ! du béton partout voilà le futur-
gros bisous Camille-

Camille 15/11/2015 12:23

avec l'argent des dons, les indiens rachétent leurs terres, pour éviter que tout soit coupé mais les dons ne suffisent pas
bises

miette 14/11/2015 18:25

quelle triste histoire - là aussi on détruit tout pour de l'argent -
tu as ceux qui sauvent et ceux qui détruisent -
ces derniers sont les plus nombreux -
la terre mourra par la faute de l'homme
gros bisous chère Camillou

Camille 15/11/2015 12:24

ceux qui sauvent ne sont pas assez nombreux malheureusement!
le suis triste aujourd’hui les loup sont entrés dans Paris

nays 14/11/2015 17:14

c'est triste Camille et en ce jour sinistre....
bisous tous les deux

flipperine 14/11/2015 16:49

l'homme détruit peu à peu la nature hélas

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