Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 03:10

 

 


Jean était un petit garçon que tous appelaient Jeannot.

Jeannot était sage, mais cela ne l’empêchait pas d'avoir, comme tous les enfants, envie de jouets qu’il n’avait pas. Cela arrive aussi aux adultes ou aux ados : C’est humain quand on aime quelque chose.

Enfant ou adolescent, on vole un petit peu d’argent dans le porte-monnaie de Maman, en se disant :

- Oh ! Juste un peu! Maman ne verra rien : elle ne compte pas ses sous tous les soirs, quand même !

Tous les jours, sur le chemin de l’école, Jean passait devant une boutique de jouets dans laquelle tournait, tournait sans arrêt un superbe train électrique !

A force de s’arrêter tous les jours, 4 fois par jour, devant ce train, eh bien Jean avait fini par se dire que c’était le sien. Il désirait vraiment ce train électrique.

Son papa et sa maman l’aimaient beaucoup ! Ils n’avaient que Jean comme enfant et ils souhaitaient lui faire un beau cadeau pour son anniversaire. Il avait très très bien travaillé cette année et il allait monter de deux classes en une seule fois tellement il était courageux  pour ses devoirs et ses leçons qu’il récitait à sa maman. Justement, pour cet anniversaire, figurez vous que le magasin de jouets était prés de chez l’épicier et que la maman de Jean passait donc souvent devant. Un jour elle entraîna son mari voir le train en vitrine et, tout de suite, ils décidèrent que ce serait le cadeau de Jean. Seulement les parents se faisaient du souci : Auraient-ils assez d’argent pour acheter ce train qui coutait très cher ?  Un train électrique rouge ! Avec six wagons !
Donc le papa travaillait fort et la maman mettait de côté tous l'argent qu’elle pouvait.
Et un jour, Jean vit sa maman ranger les sous que rapportait son papa,  dans une petite boite en fer verte, avec des bonshommes dessus.

Un soir, en revenant de l’école, il s’arrêta de nouveau devant le magasin et rentra chez lui la tête baissée, triste : Son jouet serait sans doute acheté par un garçon qui avait une famille riche !

Arrivé à la maison, il déposa son cartable sous l’escalier, accrocha son manteau et alla se laver les mains. En revenant de la cuisine il vit la petite boite verte. Elle contenait beaucoup d’argent. Plus qu'il n'en avait jamais vu.

Il prit les sous sans penser que ce n’était pas bien et alla pour acheter le train tant désiré. Mais le monsieur du magasin lui dit :

- Mon petit bonhomme, tu n'as pas assez d'argent. Tu devrais attendre un peu pour acheter ce train.

Au même moment, la maman qui venait déposer dans la boîte l‘argent de la semaine de travail du papa se rendit compte qu'elle était vide ! Elle devint toute pâle et pas contente, mais alors pas contente du tout ! Qui avait pu savoir qu’il y avait de l’argent dans cette boite ?  Vieille en plus !

Pendant qu’elle cherchait si elle avait oublié de fermer la porte de la maison, si la fenêtre de la cuisine était ouverte etc…Jean était sorti du magasin encore plus triste. Puis tout à coup dans sa tête il eut un doute :

- Mais au fait, à qui étaient donc ces sous? Mais oui ! C’était à papa et maman !

Il se dépêcha de revenir à la maison où il trouva son papa et sa maman fort tristes. Ils s’empressèrent de lui dire qu’ils voulaient lui offrir un train électrique, mais qu’un voleur avait pris la boîte.

Tout gêné et tout triste, Jean leur dit :

- Pardonnez-moi, mon petit papa et ma petite maman, je voulais tellement mon train électrique que j’ai pensé que je pouvais prendre ces sous, sans permission.

Les parents de Jean furent complètement abasourdis par ce qu’ils venaient d’entendre

Comment ? Notre fils bien aimé, pour lequel nous nous sacrifions, pour lequel nous mettons de l’argent de coté pour son anniversaire, est une petit voleur ? Ce n’est pas possible ! Pas Jean ! Pas lui ! Il ne l’a jamais fait !

Mais voyant le chagrin de leur fils, ils le prirent dans leurs bras et lui dirent :

- Jeannot, ce que tu as fait est mal ! Même très très mal ! Des gens vont en prison pour cela, tu le sait ?

- Oui, mais je n’y ai pas pensé un instant ! Comme tout ce qui est dans la maison est à nous trois - c’est ce que vous dites toujours - je n'ai pas cru faire mal. C’est après que je m’en suis rendu compte et je suis vite revenu ! Regardez il ne manque rien pas un petit sou pour acheter un bonbon. J’ai tout rapporté.

Les parents furent émus de cette confession de leur Jeannot. C’est vrai qu’ils lui avaient dit que tout dans la maison était à eux trois. Mais pas pour l’argent. Pour les meubles, par exemple, pour lui faire comprendre qu'il ne fallait rien abimer,…

Alors il l'embrassèrent et lui dirent qu’ils lui pardonnaient. Mais il fallait quand même que celle leçon soit bien comprise : Aussi il y aurait une punition !

Jean eut peur que la punition soit de ne pas avoir son cadeau d’anniversaire et commençait vraiment à regretter la bêtise qu’il avait faite. Mais comment avait-il pu prendre l'argent de maman et papa ? C’était l’argent pour vivre, pour manger, pour se chauffer ! Il eut honte, devint tout rouge et se dit qu’après tout il l’avait bien mérité ! Il attendit donc ce que ses parents avaient décidé.

- Voilà ce que nous décidons : tu n’aura pas ton cadeau le jour de ton anniversaire, mais tu l’aura le dimanche qui suivra.

De toute façon, pensait maman, nous n’aurions pas encore tout l’argent nécessaire.

Jean poussa intérieurement un grand « Ouf ! » de soulagement et se promit de ne plus jamais faire de bêtises - enfin il allait essayer - et en tous les cas de ne plus prendre de l’argent qui ne lui appartenait pas. Il ne voulait pas aller en prison quand il serait grand.

Pendant les deux mois qui suivirent cette petite « bêtise » Jean fut un amour d'enfant comme toujours. Et comme il voulait montrer à ses parents qu'il tenait sa parole, il travailla tellement bien qu'il termina l'année avec les félicitations et eut même droit à un beau livre par son professeur d' Histoire.

Le fameux dimanche arrivé, Jean avait un peu mal au ventre. Il se demandait s'il allait avoir « le » train électrique de ses rêves. Ses parents étaient comme toujours, au petit déjeuner. Mais, vers midi, on sonna à la porte.

- Jeannot, mon chéri, tu peux aller ouvrir ? J'ai les mains occupées.

- Tout de suite, Maman »

En ouvrant la porte une belle surprise l'attendait, les visiteurs étaient son parrain avec sa femme, sa marraine avec son mari, et ses grands parents. Ils avaient les bras chargés de paquets.

Jean bondit de joie en voyant là ceux qu'il aimait le plus après ses parents (et son copain mais cela chut c'est un secret). Ils passèrent tous au salon où Papa et Maman avaient préparé un apéritif en cachette de Jean. On trinqua à la famille, aux résultats scolaires de Jeannot, l'enfant chéri de la famille. Puis ils passèrent à table.
Au dessert Grand-Papa prit la parole, le verre à la main. Il était imposant avec son beau costume et sa montre qu'il portait à l'ancienne avec une jolie chaine:

- Jean, nous sommes tous ici pour te souhaiter ton anniversaire, pour te féliciter de tes bons résultats à l'école, mais aussi de ton honnêteté ! Nous avons tous eu, une fois dans notre vie, envie de quelque chose et nous avons sans doute fait des bêtises. Toi tu as fait un bêtise mais tout de suite tu t'en es aperçu et tu as tout rapporté en disant tout à tes parents. Tu vois : cela est une qualité importante, la franchise. Cela paie toujours ! Aussi, pour ton anniversaire, nous avons, avec tes parrain et marraine, complété le cadeau que tes parents voulaient te faire. Alors maintenant que nous avons bien mangé et que tu t'es bien tenu à table, tu peux, avec la permission de maman, aller voir dans ta chambre. Nous, nous parlerons de choses qui n'intéressent que les grandes personnes.

Jean fit le tour de la table pour embrasser tout le monde. Il était inquiet : où était son cadeau !Mais Maman lui glissa dans le creux de l'oreille :

- Va vite voir dans ta chambre !

Il ne se le fit pas dire deux fois. Il monta quatre à quatre les escaliers et les adultes éclatèrent de rire en entendant les cris de sioux qui venaient de sa chambre. Il venait de découvrir son train déjà tout construit, avec plein de choses en plus, et posé sur une plaque pour pouvoir le déplacer.

Et voilà !

Cette histoire a une morale, pour les adultes autant que pour les enfants :

FAUTE AVOUEE EST A MOITIE PARDONNEE






 

 

 

Par Camille - Publié dans : Contes pour tous
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