Partager l'article ! HISTOIRE D AMOUR TOUJOURS: Dés que j'avais un moment je prenais ma voiture et je filais chez la grand maman ...
Dés que j'avais un moment je prenais ma voiture et je filais chez la grand maman
Elle avait 83 ans, ce jours là je l'ai trouvée sur le banc devant la maison, le banc que mon grand pa avait fait pour eux, chez eux dans le nord c'est une coutume quand il faisait bon les personnes se mettaient dehors et parlaient entre eux, ils se connaissaient tous les maisons avaient été achetées toutes en même temps, souvent les enfants se sont mariés ensemble, comme mon oncle Fleury frère de génitrice qui avait épousé sa voisine amie de toujours, et la maman de tante Suzanne était restée là dans la maison d'à côté!
Depuis le départ de mon grand pa elle ne bougeait presque plus,seule dans cette immense maison elle avait tenue a continuer à monter les marches pour aller dans son lit conjugal Je l'ai donc retrouvée assise sur son banc que j'avais fait rembourrer avec des coussins tout faits, j'étais tellement heureuse d'avoir fait quelque chose pour elle, je lui devais tant!
Elle n'avait pas entendue la voiture je l'ai vue de suite en arrivant la tête vers le bas, fixant ses mains.
Quand je me suis assise auprès d’elle, lui ai mis un baiser plein de mon amour sur la joue si douce qui sentait si bon mais elle ne bougea pas,Le prendantla main je lui ai demandé comment allait ma grand ma chérie
Elle a levé la tête et m'a sourit.
« Oui ma Fanchette je suis bien, merci de t’en informer » dit-elle de
sa un peu chevrotante.
« Je ne voulais pas vous déranger, grand-ma, mais vous étiez assise là
fixant vos mains et je voulais savoir si tout allait bien pour vous » lui ai-je dit.
Elle leva ses yeux bleus délavés si purs que l'on pouvait s'y mirer dedans:
« As–tu déjà regardé tes mains? » me dit-elle.
« Je veux dire vraiment regarder tes mains ? »
J’ai alors lentement ouvert mes mains et les fixai.
Les retournai, m’en frottais les paumes.
« Non, je pense que je n’ai pas vraiment regardé mes mains »
lui dis-je et me demandant ce qu’elle voulait dire et je me senti comme en étant enfant, prise en faute!
Grand-mère me sourit et me raconta cette histoire.
« Arrêtes-toi et réfléchis un peu au sujet des mains que tu as,
comment elles t’ont si bien servi depuis ta naissance. »
Et là retournant ses mains encore une fois elle me fis assoir sur le banc:
Mes mains ont été les outils que j’ai toujours utilisés pour tous les moments de la vie
Enfant, ma mère m’a montré à les joindre pour prier.
Elles ont attaché mes souliers et mes bottines.
Elles ont touché mon mari et essuyé mes larmes quand il est parti à la guerre.
Elles ont été maladroites quand j’ai tenté de tenir mon premier enfant.
avec mon alliance, elles ont montré au monde que j’aimais ton grand pa pour la vie
Elles ont écrit mes lettres à ton grand-père et ont tremblé quand je l’ai enterré l'an dernier.
Elles ont tenu mes enfants, ensuite mes petits enfants,comme toi ma Fanchette
Aujourd’hui, comme rien ne marche vraiment plus comme avant
pour moi, ces mains continuent de me soutenir et je les joins encore pour prier.
Mais le plus important est ce que ce seront ces mains
que Dieu attrapera pour m’amener avec lui dans son Paradis.
Avec elles,m’élèvera t'a-t-il à ses cotés.?
Et là, je pourrai les utiliser pour toucher la face du Christ
« Grand mere,vous allez y aller tout droit au paradis et retrouver grand pere et votre fils Fleury
Ma grand mere était pour moi une seconde maman, elle et mon grand pere ont été
pour moi des amours, dés que j'ai pu prendre le train je filais chez eux,
quand grand pa est mort, je n'ai pu aller que 1 h en tout car j'avais trop de travail à la clinique mais il était parti et cela ne comptait plus pour moi,
Elle est partie juste après mon parrain et la nuit de son enterrement c'est mon papa qui est parti j'ai senti comme un grand vide, le travail m'a soutenue je n'avais qu'eux et mes deux petits pour me soutenir avec leur amour
Pensive, en écrivant cet épisode de ma vie je regarde mes mains, je me souviens des siennes, douces et caressantes. Mes tantes me disent que je lui ressemble beaucoup en tout. Ais je aussi ses mains?
Quand je me blesse les mains, quand elles sont sensibles, ou quand je caresse le visage de mon époux, je pense à grand-mère.
Je sais qu’elle est au paradis avec tous les siens. Au paradis des bienheureux, ceux qui toute leur vie ont tout fait pour être disponible pour ceux qui en avaient besoin
Grand Mere si vous saviez comme je vous aime, si vous saviez comme encore maintenant
vous me manquez vous et tous ceux qui sont partis en même temps que vous!
Mai 1979