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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:43
                                                                                                                  

William Bott, que nous appelons fort spirituellement Henry Bott chaque fois qu’il abuse du cock-tail, est un Bostonien fort aimable, et des plus distingués, ainsi que sont, pour la plupart, les gens de Boston.

C’est à son propos que j’écrivis ces vers de rime assez plaisante, n’est-ce pas :

 

Bott, en dansant la valse et le boston, usa
Le parquet de Mary Webb, à Boston (U. S. A.).

 

Débarqué en France au printemps dernier, cet Américain, sur la recommandation de notre vieux camarade W.-D. Forrest, le publisher de Paragraphs, devint tout de suite mon ami.

Le français qu’il parlait était un français irréprochable déjà ; seuls, quelques mots auraient gagné à être plus correctement prononcés.

Ainsi, il disait flottpott, comme si ces mots, à l’instar de son nom, eussent comporté deux t.

Sur une simple observation, il rectifia ces petites imperfections, et parla bientôt aussi purement que M. Lebargy.

Je me suis beaucoup attaché à mon ami Bott, esprit original, et tout de primesaut.

Un matin que je l’avais rencontré sur la plage, il me proposa un match à la carabine.

J’acceptai d’autant plus volontiers que je connais les personnes qui tiennent le tir, jeunes et délurées Montmartroises dont la jolie sœur aînée porte un nom fort connu dans l’armorial de la galanterie parisienne.

Bott, excellent tireur pourtant, dut s’incliner devant mon écrasante supériorité : après, un grand nombre de cartons, il renonça à la lutte et paya la note ès mains d’une des jeunes filles, cependant que je complimentais l’autre sur la jolie tournure que prenait sa taille.

— Au revoir, mesdemoiselles.

— Au revoir, messieurs… On vous reverra cet après-midi ?

— Peut-être.

Bott avait l’air tout chose.

— Qu’avez-vous, ami Bott ? fis-je.

— J’ai que cette petite Charlotte vient de me tenir des propos auxquels je n’ai rien compris.

— Quels propos ?

— Voici textuellement ce qu’elle m’a dit : « Ça ne serait pas à faire que j’en aurais un ! On a déjà bien assez de mal à gagner sa pauvre galette sans la refiler encore à des mectons qui se f… de vous ! »

— Que lui aviez-vous dit qui amenât cette énigmatique réponse ?

— Pour lui payer les 17 fr. 50, frais de notre match, je lui donnai un louis et, comme elle se disposait à me rendre la monnaie, je lui offris gracieusement (car elle me plaît beaucoup, cette petite) : « Gardez le tout, mademoiselle, ce sera pour votre dot. »

— Et vous avez prononcé dot, sans faire sonner le t ?

— Dame, oui, comme vous m’avez indiqué pour flotpot, etc.

— Alors, je m’explique tout ! La petite aura compris que vous lui donniez de l’argent pour son dos.

— C’est moi qui ne comprends plus. 

— Dos est le terme argotique et bien parisien par lequel on désigne les gentlemen qui se font de détestables revenus avec l’inconduite de leurs compagnes.

— Horrible ! Horrible ! Qu’est ce que cette fillette va penser de moi ?

Et Bott tint à revenir tout de suite au tir, porter ses excuses à la petite Charlotte et lui offrir une jolie bague, pour laquelle la petite citoyenne du dix-huitième arrondissement lui sauta au cou et l’embrassa de grand cœur.

 A. Allais

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Published by Camille - dans HUMOUR
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commentaires

NANIEMEL 29/05/2011 09:08



BON DIMANCHE.






Camille 29/05/2011 10:57



MERCI NANIEMEL ENPLUS DES PIGEONS,CELA ME RAPPELLE PAPA QUI ETAIT COULONEUX ET QUI FAISAIT DES CONCOURS? CA ET SON JARDIN C'ETAIT SES DEUX PASSIONS.


BONNE FËTE JE L'ECRIS SANS SAVOIR SI JE PEUX, MOI JE PENSE A MON FILS PARTI DEPUIS 8 ANS SE REÖSER DE 20 ANS DE DOULEURS DANS LE CIEL. IL ETAIT POUR MOI L ENFANT IDEAL TOUJOURS PRESENT ET
AUX PETITS SOINS;


BONNE JOURNEE AVEC DU SOLEIL DANS LE COEUR ET MERCI ENCORE DE CES MESSAGES QUI ME METTENT DU BAUME AU COEUR;



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