Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 01:36

 

 

2781313027_e47e189e82.jpg

 

 



Ce siècle avait neuf ans ! Paris brouillait les cartes,
Déjà le Président remplaçait Bonaparte,
Et du Maire de Neuilly, déjà, par maint endroit,
Le front de l’empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Lutèce, vieille ville romaine,
Jeté là par la vie, par le destin qui vole,
Vivait un pur esprit au milieu des bagnoles.
Un homme sans couleur, sans regard et sans haine ;
Dont les jours se terraient sous sa tente éphémère.
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et sa main déployée, telle une offrande aux dieux,
Appelait le passant qui ne le voyait pas.
Cet homme que la foule effaçait de ses yeux
C’est moi. —

C’est moi. — Je vous dirai peut-être quelque jour
Quels sourires, que de soins, que de vœux, que d’amour,
Prodigués pour ma vie en naissant protégé,
M’ont fait deux fois l’enfant de mes parents aimés,
Ils m’ont appris l’Amour et l’Art de la beauté
Le goût des grands voyages et l‘écume des jours !

Ô l’amour des parents ! Amour que nul n’oublie !
Enfance bien choyée qui forge l’appétit !
Études bien suivies qui mènent au pinacle !
J‘en ai bien eu ma part, et je crois aux miracles !

Je pourrai dire un jour, lorsque la nuit hostile
Aura laissé la place à un lit plus civil,
Comment cette crise du glorieux capital
Dans son souffle orageux m’emportant sans défense,
Oubliant tous les fruits de cette fière naissance
M’a mis sur le pavé offert à tous les vents.
La tempête boursière crucifie l’épargnant
Le miséreux et le Directeur général.

Maintenant jeune encore et souvent éprouvé,
J‘ai l‘air fatigué d‘un bien pauvre vieillard,
Dans mes rides se lisent plus d’un vil cauchemar
C’est la rue qui détruit et c’est le froid qui glace.
Certes, plus d’un homme sans âme ni audace
Ne verrait que ce tas, en travers de ses pas,
Et d’un air de dégoût changerait de trottoir.
Et pourtant s’il savait tout ce que j’ai en moi
De richesses intimes, de grandeur et d’espoirs.
S’il connaissait ma route, du baptême aux sommets
Avant que ma déroute ne consume mes forces !

Mon âme et ma pensée revisitent le monde,
Mon plus beau temps passé sans espoir qu’il renaisse,
Les amours, les travaux, les joies de ma jeunesse,
Tout ce que j’ai souffert, tout ce que j’ai tenté,
Cet amour idéal brillant au firmament
Ces enfants magnifiques voguant au fil de l’onde.
Et quoiqu’encore à l’âge où l’avenir sourit,
Un divorce cruel a brisé mon essor.
Le chômage honni a créé mes tourments.
Et tous deux ont vidé l’énergie de mon corps.

Si parfois de ma main je vous tends un appel,
Ce n’est pas pour gêner mais bien par dignité;
Si je trouve à manger je pourrai continuer
A parcourir le monde de mes pensées rêveuses
A transpercer l’azur de mes rimes songeuses,
A découvrir l’étoile qui m’attend quelque part.
Si je demande un euro, ce n’est pas par pitié
Car je suis un humain et non un être à part.
Mon apparence hostile a besoin de manger
Mon âme de cristal a besoin de rêver !

S’il me plaît de cacher tristesse ou bien douleur
Sous la toile de ma tente les soirs de grand peur
Si j’ébranle vos vies au son de mon malheur
Ne craignez rien badauds, ce n’est qu’un homme qui pleure.
D’autres hommes comme vous, vivant au fil de l‘heure,
Suspendent leur chemin sans détourner les yeux
Et parfois de mon antre me tirent avec bonheur
Pour éclairer mes jours de leur sourire radieux.
Oh ce n’est qu’un sourire mais c’est aussi les cieux
Qui se présentent à moi au détour de mes rêves.
Ma vie est sans espoir mais ces dons me relèvent.

« D’ailleurs j’ai purement passé les jours mauvais,
Et je sais d’où je viens, si j’ignore où je vais. ».
Hugo est mon credo, Victor est son prénom.
Avec lui je revis, mon couteau se démanche
A voir vos certitudes et vos aveuglements,
Un jour arrivera l’orage des sans noms !
Qui détruira enfin, sans altérer nos âmes;
Par la commune levée d’un soudain vent de flammes
L’équilibre fragile de votre égarement…

Après avoir pleuré, j’écoute et je contemple,
Le Président flatté qui de sa tour d‘ivoire,
Appelle le bon peuple à retrousser ses manches.
Et vous, masse moutonne, qui ne vous arrêtez,
Poursuivez vos desseins, vous qui passez sans voir,
Je vous plains d’être vains, nous nous verrons au temple,
J’ai bien trop de fierté pour être un assisté…!

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Camille - dans poèmes que j'aime
commenter cet article

commentaires

flipperine 29/08/2012 23:54


la vie un éternel recommencement

Camille 30/08/2012 00:56



OUI ET LES HOMMES NE CHANGENT PAS MALHEUREUSEMENT



maria romero 29/08/2012 15:01


que c'est beau !!! merci à toi pour ce partage !! et que de vérités !!! bisous à toi et bon après midi


Maria 

Camille 30/08/2012 00:52



Merci à toi heureuse que cela te plaise



LADY MARIANNE 29/08/2012 10:42


BONJOUR CAMILLE


UN BEAU POEME --- UN PEU LONG

MAIS DE QUI EST-IL ??

BON MERCREDI   JE T EMBRASSE

Camille 30/08/2012 00:49



devines? bisous



Présentation

  • : BIENVENUE-CHEZ-CAMILLE
  • BIENVENUE-CHEZ-CAMILLE
  • : Je souhaite avant tout en faire un endroit convivial, ou vous aurez envie de revenir.Avant d'être invalide moteur à 80% je faisais plein de choses j'aimerai les partager avec vous. Je souhaiterai que vous y preniez la parole, que vous vous sentiez chez vous. Je souhaite de la gaité,de la culture,de la drôlerie, et un partage de ce que vous aimez. Je suis ouverte à tout et à tous.
  • Contact