BIENVENUE-CHEZ-CAMILLE






 1ère partie

 

Je voudrai m’en aller par un jour de soleil

Avec un déploiement d’azur pour tout cortège

Et ma dépouille irait sombrer dans le sommeil

Bienfaisant qu’elle aura tant rêver sur la terre

 

Je partirai tranquille et sans remords aucun,

Mes yeux ont tant pleurés qu’ils s’éteindront heureux

De ne plus se brûler à des regards anciens,

Auxquels ils doivent trop de songes douloureux

 

Mon front devient trop lourd pour supporter encore

Sa trop triste pensée et son tourment amer

Mes lèvres on déjà traduit tant de mensonges

Qu’elles se fermeront avides de silence

 

Mes mains ont entouré ton corps de tant de gestes

Attentifs et pieux que tu te montrais las,

Qu’il me semblera doux se ne plus les commettre

Et de ne plus, enfin, m’amoindrir devant toi !

 

Je voudrais te quitter sans même que tu le saches

Que tu ne verras plus ma forme désolée,

Sans te douter pourquoi j’abandonne la tâche

Et comment je m’en suis allée !

 

Et je voudrais pleurer jusqu'à l’ultime larme

Pour que ton œil soit sec et paisible ton front

Je voudrai m’en aller simplement dans un songe

Dont tu serais encore le héros triomphant.

François Gilette 1920
   

Mer 14 oct 2009 Aucun commentaire